Allaitement & Monde
 Allaitement et VIH/SIDA
 Alimentation des enfants en situation d'urgence
 Détection de résidus chimiques dans le lait maternel
 Contamination du lait industriel
 Alimentation, santé et droits de l'enfant
Allaitement et VIH/SIDA
De par le monde, environ 1% des femmes enceintes sont séropositives ; 95% d’entre elles, ainsi que 90% des enfants séropositifs vivent dans des pays en développement (principalement l’Afrique). Dans la réalité des pays pauvres, la plupart des parents n’ont pas accès au test du VIH, ni à une information correcte sur l’allaitement maternel et le VIH. Les mères risquent en plus de souffrir de rejet social car le fait de ne pas allaiter « prouve » qu’elles sont infectées.

Pour ces mères séropositives, ayant un accès limité à l’eau potable et vivant dans de mauvaises conditions d’hygiène, un vrai dilemme se pose lorsqu’elles doivent prendre la décision d’allaiter ou non leur bébé. Si la mère risque de transmettre le virus à son enfant en l’allaitant, l’utilisation du lait en poudre est parfois encore plus dangereuse. En effet, au cours des dix dernières années, les milieux de santé publique se sont mis à considérer que les bénéfices de l'allaitement maternel, dans ces conditions de précarité, surpassent les dangers posés par l'utilisation de substituts.

Les bébés nourris au sein dont les mères sont séropositives ont 10 à 20 % de risques d’être contaminés. Ils sont toutefois mieux protégés grâce au lait maternel contre les infections respiratoires et les diarrhées que les bébés qui ne sont pas nourris au sein. Pour cette raisons, ces derniers courent six fois plus de risques de succomber à des infections.

Les recommandations onusiennes les plus récentes en la matière ont été adoptées en octobre 2006 par des experts de la Consultation Technique de l’OMS, et déclarent :

Les mères VIH-positives devraient allaiter exclusivement pendant les six premiers mois à moins que l’alimentation de remplacement ne soit acceptable, praticable, financièrement abordable, sûre et durable. Ces recommandations mettent l’accent sur le fait que l’option de l’alimentation infantile la plus adéquate dépend de circonstances individuelles, incluant les considérations des services de santé et de l’état de santé de la mère.
Si on choisit d’allaiter il faut que l’allaitement soit exclusif, car on considère actuellement que la mixité allaitement et alimentation artificielle est l'option la plus dangereuse.

Ces priorités sont décrites dans la brochure VIH et alimentation infantile : Cadre pour l’action politique adopté par l’Assemblée mondiale de la Santé en 2006.
L'application du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel ainsi que les résolutions ultérieures de l’Assemblée mondiale de la Santé font partie des cinq priorités mises en lumière par ce cadre.

Rôle de GIFA et du Code international
Le Code international est souvent mal interprété dans le contexte du VIH. Il faut préciser que Le Code n'oblige pas les femmes à allaiter et n’interdit pas l’utilisation des substituts du lait maternel. Son objectif est de permettre aux mères de prendre en toute connaissance de cause, sur la base d'une information impartiale et scientifique,leurs décisions concernant l'alimentation de leur bébé.

Depuis le début de la pandémie VIH/SIDA et du débat sur l’alimentation infantile dans les années 90, GIFA a joué un rôle important : dans le suivi des développements internationaux, dans la diffusion de l’information aux différents groupes IBFAN concernant les politiques et recommandations adoptées, et dans aussi dans le développement de ces directives.

http://www.ibfan.org/

Article du Washington Post (Botswana, juillet 2007)

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