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20.01.2023

MNT – un problème global de santé publique

En 2019, l’Assemblée mondiale de la Santé a prolongé le Plan d’action mondial de l’OMS pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2020 jusqu’en 2030. Voir la page OMS sur les principaux faits concernant les MNT https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/noncommunicable-diseases

Un moyen important de lutter contre les MNT consiste à se concentrer sur la réduction des facteurs de risque associés à ces maladies. Certains comportements, tels que le tabagisme, l’inactivité physique, une mauvaise alimentation et l’usage nocif de l’alcool, peuvent être modifiés afin de réduire le risque de MNT. Favoriser l’allaitement contribue également à réduire ce risque, aussi bien pour la santé de l’enfant que pour la santé de la mère.

L’allaitement est doublement important pour se protéger contre le SARS-CoV2 dans la mesure où les MNT étaient des facteurs qui aggrave un épisode Covid-19, et sachant que le lait maternel transmet de nombreux facteurs immunoprotecteurs à l’enfant.

Santé infantile

Voir aussi la page Immunologie L’allaitement est l’alimentation optimale pour l’enfant.

Allaitement et santé de la femme

L’allaitement ne consiste pas seulement à nourrir un enfant, des processus importants ont lieu dans le corps de la femme qui allaite et ont une influence positive à long terme sur sa santé. Par conséquent l’allaitement présente également de nombreux bénéfices pour la santé maternelle. Il favorise la perte de poids en post-partum, abaisse le risque de diabète de type 2, d’hypertension, de pathologies cardiovasculaires, de cancer du sein et des ovaires, contribue à prévenir l’anémie et l’ostéoporose, et il favorise aussi la création d’un lien mère-enfant solide.

Anémie

Il contribue à retarder le retour des couches et dans certaines conditions à la contraception naturelle. Il permet une involution rapide de l’utérus après la grossesse.

Hypertension

Il a un effet protecteur sur l’hypertension

Prévention de maladies cardio-vasculaires.

L’allaitement abaisse le risque d’endométriose.

  • History of breast feeding and risk of incident endometriosis : prospective cohort study. Farland LV et al. BMJ 2017 ; 358 : 3778)

Taille mince

L’allaitement exclusif de plus de 6 mois est associé à une taille plus fine.

  • Breastfeeding Greater Than 6 Months Is Associated with Smaller Maternal Waist Circumference Up to One Decade After Delivery. GG Snyder et al. Journal of Women’s Health, Vol. 28, No. 4, 22 April 2019.)

L’allaitement protège contre le cancer chez la femme

  • Ligue contre le cancer : https://www.krebsliga.ch/krebs-vorbeugen/praevention-und-frueherkennung/stillen/
  • 2020 : Association between breastfeeding and ovarian cancer risk. Babic A et al. JAMA Oncol 2020. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32239218/
  • 2020 : Breastfeeding and risk of breast cancer: a meta-analysis of published studies. Bernier MO et al. Human Reproduction Update, Volume 6, Issue 4, July 2000, Pages 374–386, https://doi.org/10.1093/humupd/6.4.374
  • 2018 : Impact de la parité et de l’allaitement sur le risque de divers sous-types de cancers ovariens. Histological subtypes of ovarian cancer associated with parity and breastfeeding in the prospective Million Women Study. Gaitskell K et al. Int J Cancer 2018 ; 142(2) : 281-9.
  • 2018 : Reproductive history, breast-feeding and risk of tripple negative breast cancer : the Breast Cancer etiology in Minorities (BEM) study. John EM et al. Int J Cancer 2018 ; 142(11) : 2273-85. Mots-clés : cancer du sein triple négatif, facteurs reproductifs, allaitement.
  • 2017 : Le World Cancer Research Fund et l’American Institute for Cancer Research ont émis une série de 10 grandes recommandations pour prévenir le cancer, dont une portant sur l’allaitement. La protection de l’allaitement face au risque de cancer du sein : « strong evidence ». World Cancer Research Fund/American Institute for Cancer Research. https://www.wcrf.org/int/continuous-update-project/cup-findings-reports/breast-cancer
  • 2017 : Grossesse, allaitement, ménopause et risque de cancer du sein chez des femmes coréennes. Risk reduction of breast cancer by childbirth, breastfeeding, and their interactions in Korean women : heterogeneous effects across menopausal status, hormone receptor status, and pathological subtypes. Jeong SH et al. J Prev Med Public Health 2017 ; 50 : 401-10.
  • 2016 : Allaitement et expression du Ki-67, du p54 et du BCL2 dans les cancers du seinBreastfeeding and immunohistochemical expression of Ki-67, p53 and BCL2 in infiltrating lobular breast carcinoma. Gonzalez-Sistal A et al. PloS ONE 2016 ; 11(3) : e0151093.
  • 2014 : Allaitement et prévention du cancer du sein. Breastfeeding and the prevention of breast cancer : a retrospective review of clinical history. González-Jiménez E et al. J Clin Nurs 2014
  • 2013 : Facteurs reproductifs, récepteurs hormonaux, et risque de cancer du sein. Association between chronological change of reproductive factors and breast cancer risk defined by hormone receptor status : results from the Seoul breast cancer study. Chung S et al. Breast Cancer Res Treat 2013 ; 140(3) : 557-65.
  • 2013 : Lactation et risque de cancer du sein après la ménopause. Investigating the association of lactation history and postmenopausal breast cancer risk in the Women’s Health Initiative. Stendell-Hollis NR et al. Nutr Cancer 2013 ; 65(7) : 969-81.
  • 2012 : Allaitement et réduction du risque de cancer du sein. Breastfeeding and its relationship with reduction of breast cancer : a review. Franca-Bothelho Ado C et al. Asian Pac J Cancer Prec 2012 ; 13(11) : 5327-32.
  • 2002 : Lancet. 2002 Jul 20;360(9328):187-95. L’équipe du Pr Valérie Beral du Centre de recherche sur le cancer d’Oxford a prouvé qu’un allaitement prolongé diminue le risque d’apparition de ce cancer. Les chercheurs ont ainsi réuni les données de 47 études réalisées dans 30 pays différents, et portant au total sur près de 150 000 femmes :

Résultat de l’étude Lancet 2002

• Les femmes présentant un cancer avaient allaité moins souvent, et moins longtemps que les témoins.

• Le risque de cancer était diminué de 4,3 % pour une année d’allaitement supplémentaire (sachant que le risque était déjà diminué de 7 % pour chaque naissance).

Santé mentale maternelle

L’allaitement a aussi dans une certaine mesure un impact positif sur la santé mentale maternelle. Mais le vécu de la mère qui souhaite allaiter et rencontre des difficultés représentait aussi un facteur de stress et de détresse important. Cet état de fait consolide l’idée qu’il faut un soutien adéquant et adaptée à toute femme qui désire allaiter.

Une étude de 2022 conclut que globalement, l’allaitement était corrélé à une meilleure santé mentale maternelle. Toutefois, cet impact était influencé par le déroulement de l’allaitement, avec les difficultés rencontrées, avec une discordance entre les attentes maternelles et son vécu, avec l’importance accordée à l’allaitement par la mère dans son rôle de mère. D’autres recherches sur le sujet sont nécessaires.

Allaitement – mesure de prévention contre l’obésité (enfant et adulte)

L’obésité (infantile ou adulte) est multifactorielle. L’allaitement contribue de diverses façons à protéger l’enfant (et le futur adulte)

  • le lait maternel (LM) est un liquide physiologique et bio-dynamique qui s’adapte aux besoins de l’enfant et garde des valeurs nutritive et immuno-protrectrice pendant toute la durée de l’allaitement (même après 2 ans)
  • le LM nourrit le microbiote et les bonnes bactéries du bébé
  • le LM apporte des hormones qui permettent de réguler l’appétit et le métabolisme des graisses (ghréline, leptine, adiponectine, apeline e.a.
  • le LM forme le goût de l’enfant par sa variété et le prépare à la diversification
  • le LM prépare le passage à la table familiale sans obligatoirement passer par des aliments industriels transformés

Il est important de souligner le rôle de l’allaitement dès le début de la nutrition pour jeter les bonnes bases à une régulation métabolique saine et un équilibre du poids corporel. Souvent, le surpoids et l’obésité sont directement liés à la servenue d’une diabète 2 au point que l’on parle de l’épidémie de « diabesity » (contraction anglaise de diabetes and obesity). Les coûts induits sont considérables; en Suisse, 10 % des adultes et 5 % des enfants sont touchés : https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/gesund-leben/gesundheitsfoerderung-und-praevention/koerpergewicht/uebergewicht-und-adipositas/kosten-uebergewicht-und-adipositas.html

Références allaitement et obésité

  • Breastfeeding Reduces Childhood Obesity Risks, 2017, Wang L., Collins C., Ratliff M., Xie B. and Wang Y., Childhood Obesity, 2016, 13 (3), 197-204.
  • Early life nutrition, epigenetics and programming of later life disease. Vickers MH1. Nutrients. 2014 Jun 2;6(6):2165-78. doi: 10.3390/nu6062165.
  • Epigenetic mechanisms linking early nutrition to long term health. Lillycrop, K.A.; Burdge, G.C. Best Pract. Res. Clin. Endocrinol. Metab. 2012, 26, 667–676.
  • Breastfeeding in the 21st century: Epidemiology, mechanisms, and lifelong effect.Victora, C.G.; Bahl, R.; Barros, A.J.; França, G.V.; Horton, S.; Krasevec, J.; Murch, S.; Sankar, M.J.; Walker, N.; Rollins, N.C.; Lancet Breastfeeding Series Group. Lancet 2016, 387, 475–490.
  • Brest fed babies may have a high BMI, but are less overweight at age 5 years. Von Kries R, Koletzko B, Adv Exp Med Biol. 2000;478:29-39.