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Immunologie – l’allaitement confère des facteurs immuno-protecteurs au bébé et l’aide à construire son système immunitaire.

Mise à jour 6 août 2020

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L’allaitement maternel est aujourd’hui plus important que jamais en tant qu’alimentation optimale de l’enfant d’une part, et d’autre part en raison de son rôle important pour le système immunitaire humain.

La plupart des parents connaissent l’impact de l’allaitement sur la santé des bébés, mais rien sur le système immunitaire immature et la façon dont l’allaitement l’aide à se renforcer et à mûrir.

En effet, l’allaitement non seulement renforce le système immunitaire de l’enfant, mais le lait maternel contribue également à son développement. L’allaitement apporte à l’enfant de nombreux facteurs immuno-protecteurs : des facteurs spécifiques (adaptés à l’environnement de la mère et de l’enfant) et non spécifiques (ceux qui sont présents dans la composition de base du lait maternel dès le début, comme les IgA, les cytokines, les oligosaccharides humains (environ 200), les protéines tueuses de tumeurs, et bien d’autres dont la liste est longue (voir ci-dessous).

De plus, l’allaitement maternel construit et nourrit le microbiote de l’enfant, le lait maternel agit sur la flore intestinale et les muqueuses, deux importants filtres protecteurs contre les agents pathogènes et les virus. Comme l’écrivait Lars A Hanson déjà en 2004 : l’allaitement protège le bébé, et en plus, il le nourrit : “Les composants principaux du lait humain ne sont pas en premier lieu pour nourrir, mais pour défendre le bébé.” (dans Immunobiology of Human Milk – How Breastfeeding protects babies, 2004).

Liste des facteurs immuno-protecteurs transmis à l’enfant par l’allaitement

alpha-Lactalbumin (variant)
alpha-lactoglobulin
alpha2-macroglobulin (like)
ß-defensin-1
Bifidobacterium bifidum
Carbohydrate
Casein
CCL28 (CC-chemokine)
Chondroitin sulphate (-like)
Complement C1-C9
Folate
Free secretory component
Fucosylated oligosaccharides
Gangliosides GM1-3, GD1a, GT1b, GQ1b
Glycolipid Gb3, Gb
Glycopeptides
Glycoproteins (mannosylated)
Glycoproteins (receptor-like)
Glycoproteins (sialic acid-containing or terminal galactose)
Haemagglutinin inhibitors
Heparin
IgG
IgM
IgD
kappa-Casein
Lactadherin (mucin-associated glycoprotein)
lactoferrin
Lactoperoxidase       Lewis antigens
Lipids
Lysozyme
Milk cells (macrophages, neutrophils, B & T lymphocytes)
Mucin (muc-1; milk fat globulin membrane)
Nonimmunoglobulin macromolecules (milk fat, proteins)
Oligosaccharides
Phosphatidylethanolamine
(Tri to penta) phosphorylated beta-casein
Prostaglandins E1, E2, F2 alpha
RANTES (CC-chemokine)
Ribonuclease
Secretory IgA
Secretory leukocyte protease inhibitor (antileukocyte protease; SLPI)
Sialic acid-glycoproteins
sialylated oligosaccharides
Sialyllactose
Sialyloligosaccharides on sIgA(Fc)
Soluble bacterial pattern recognition receptor CD14
Soluble intracellular adhesion molecule 1 (ICAM-1)
Soluble vascular cell adhesion molecule 1 (VCAM-1)
Sulphatide (sulphogalactosylceramide)
Trypsin inhibitor
Vitamin A
vitamin B12
Xanthine oxidase (with added hypoxanthine)
Zinc


Comparatif lait maternel – lait artificiel


Différence entre allaitement et “transfert de lait maternel”

La liste des facteurs immunocompétents transmis de la mère à son enfant via le geste d’allaiter est en elle-même considérable mais ne révèle qu’une partie du fonctionnement de l’allaitement : il ne s’agit pas d’un assemblage statique d’ingrédients, mais d’un liquide biologique résultant d’une production continuelle et dynamique lors de l’allaitement et du contact peau-à-peau mère-enfant.

Autrement dit, l’adaptation finement nuancée du lait maternel est le résultat d’un dialogue permanent entre l’environnement microbien de la mère et celui de son enfant. Ainsi, en plus des nombreux facteurs immunologiques non spécifiques transmis, la mère fournit des agents anti-infectieux et facteurs immunologique ciblés pour son enfant.

Il y a par conséquent une différence entre

  • l’allaitement maternel avec le contact en peau à peau, une interaction entre la mère et sont bébé et le transfert des anticorps de la mère et des agents anti-infectieux par l’allaitement, et
  • l’alimentation avec le lait maternel exprimé par l’intermédiaire d’un appareil puis stocké d’une manière ou d’une autre (réfrigéré, congelé, pasteurisé, lyophylisé).

Cela dit, le lait maternel, sous quelle forme que ce soit (tiré cru, tiré pasteurisé, lait de donneuse individuelle ou lait maternel poolé…), sera toujours supérieur à un lait artificiel (ou produit pour nourrisson) qui risque d’être contaminé dès la production (voir ici) et ou par la préparation de biberons (suivre les Directives de l’OMS pour la préparation, conservation et manipulation)


Allaitement et informations épigénétiques

L’allaitement fournit également des informations épigénétiques à l’enfant sous forme de cellules souches maternelles, d’hormones et de messagers miRNA qui jouent un rôle important dans le métabolisme et la protection contre les maladies non transmissibles (MNT), dites « maladies de civilisation » (obésité, diabète, cancer, hypertension, maladies cardio-vasculaires…). Lancet Breastfeeding Series 2016

Dans une étude de 2017, Melnik & Schmitz la décrivent comme suit : “Il y a de plus en plus de preuves que le lait agit comme un transmetteur ou un relais entre le génome de la lactation maternelle et la régulation épigénétique des gènes récepteurs du lait. […] Comme le lait maternel protège contre les maladies de civilisation à un âge avancé, l’OMS recommande l’allaitement exclusif jusqu’à six mois et la poursuite de l’allaitement pendant au moins les deux premières années. »

Milk’s Role as an Epigenetic Regulator in Health and Disease, Bodo C. Melnik and Gerd Schmitz, 2017 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28933365

English section

Immunology – breastfeeding confers immuno-protective factors to the baby and helps build the baby’s immune system.

Breastfeeding is now more important than ever as optimal nutrition for the child on the one hand, and on the other hand because of its important role for the human immune system.

Most parents know about the health impact of breastfeeding on babies but nothing about the immature immune system and how breastfeeding helps it strengthen and mature.

Breastfeeding not only strengthens the child’s immune system, but breast milk also contributes to the child’s development. Breastfeeding provides the child with many immuno-protective factors: specific (adapted to the mother’s and child’s environment) and non-specific (those present in the basic composition of breast milk from the beginning, such as IgA, cytokines, human oligosaccharides (about 200), tumour-killing proteins, and many others – the list is long (see below).

Moreover, breastfeeding builds and nourishes the child’s microbiota. Breast milk acts on the intestinal flora and mucous membranes, two important protective filters against pathogens and viruses. As Lars A. Hanson wrote as early as 2004: Breastfeeding protects the baby, and in addition, it nourishes him. “Major components of human milk are not primarily for nutrition, but for host defense” (in Immunobiology of Human Milk – How Breastfeeding protects babies, 2004) .

List of immuno-protective factors transmitted to the infant via breastfeeding

alpha-Lactalbumin (variant)
alpha-lactoglobulin
alpha2-macroglobulin (like)
ß-defensin-1
Bifidobacterium bifidum
Carbohydrate
Casein
CCL28 (CC-chemokine)
Chondroitin sulphate (-like)
Complement C1-C9
Folate
Free secretory component
Fucosylated oligosaccharides
Gangliosides GM1-3, GD1a, GT1b, GQ1b
Glycolipid Gb3, Gb
Glycopeptides
Glycoproteins (mannosylated)
Glycoproteins (receptor-like)
Glycoproteins (sialic acid-containing or terminal galactose)
Haemagglutinin inhibitors
Heparin
IgG
IgM
IgD
kappa-Casein
Lactadherin (mucin-associated glycoprotein)
lactoferrin
Lactoperoxidase       Lewis antigens
Lipids
Lysozyme
Milk cells (macrophages, neutrophils, B & T lymphocytes)
Mucin (muc-1; milk fat globulin membrane)
Nonimmunoglobulin macromolecules (milk fat, proteins)
Oligosaccharides
Phosphatidylethanolamine
(Tri to penta) phosphorylated beta-casein
Prostaglandins E1, E2, F2 alpha
RANTES (CC-chemokine)
Ribonuclease
Secretory IgA
Secretory leukocyte protease inhibitor (antileukocyte protease; SLPI)
Sialic acid-glycoproteins
sialylated oligosaccharides
Sialyllactose
Sialyloligosaccharides on sIgA(Fc)
Soluble bacterial pattern recognition receptor CD14
Soluble intracellular adhesion molecule 1 (ICAM-1)
Soluble vascular cell adhesion molecule 1 (VCAM-1)
Sulphatide (sulphogalactosylceramide)
Trypsin inhibitor
Vitamin A
vitamin B12
Xanthine oxidase (with added hypoxanthine)
Zinc


What’s in Breastmilk – Poster


Difference between breastfeeding and feeding with human milk

The list of immunocompetent factors transmitted from mother to child through breastfeeding is not only considerable in itself but reveals part of the way in which breastfeeding functions: it is not a static assembly of ingredients, but a biological liquid resulting from its continuous and dynamic production during breastfeeding and mother-child skin-to-skin contact.

In other words, the fine-tuned adaptation of breast milk is the result of an ongoing dialogue between the mother’s microbial environment and that of her child. Thus, in addition to the many non-specific immunological factors transmitted to the infant, the mother provides targeted anti-infective agents and immunological factors for her child.

There is a significant difference between

  • breastfeeding with skin to skin contact and transfer of the mother’s antibodies and the anti-infective agents in the live cells to her child, and
  • the feeding with human milk using expressed (and transformed) breastmilk and delivered through feeding apparatus. 

That said, breast milk in any form (raw human milk, pasteurized human milk, individual donor milk or pooled breast milk…) will always be superior to “formula” or artificial baby milk which is always at risk for contamiination: on the production site (check out here) and through preparation (follow WHO Guidelines for the safe preparation, storage and handling of powdered infant formula)


Breastfeeding and epigenetic information

Breastfeeding also provides epigenetic information to the child in the form of maternal stem cells, hormones and miRNA messengers which play an important role in metabolism and protection against non-communicable diseases (NCDs), known as “diseases of civilisation” (obesity, diabetes, cancer, hypertension, cardiovascular diseases…). Lancet Breastfeeding Series 2016

In a research study of 2017, Melnik & Schmitz describe it as follows: “There is accumulating evidence that milk functions as a transmitter or relay between the maternal lactation genome and epigenetic regulation of genes of the milk recipient, who under physiological conditions is the newborn infant […] Because human milk protects against diseases of civilization in later life, the World Health Organization recommends exclusive breastfeeding for up to six months with continuation of breastfeeding for at least the first two years.”

Milk’s Role as an Epigenetic Regulator in Health and Disease, Bodo C. Melnik and Gerd Schmitz, 2017 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28933365